Julie Guillaume

Arche 11 Atelier 9

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bio

Née en 1988.
Diplômée en 2013, secteur Art Espace des Arts Décoratifs de Paris.

Julie Guillaume portrait
expositions



travail

Les années suivant mon diplôme, j’ai continué d’appliquer les enseignements transmis et qui fonctionnaient si bien pour l’étudiante que j’avais été. Mon travail était alors orienté sur le ressenti du paysage marin, où eau et horizon se confondent, où des éléments se retrouvent engloutis avant de réapparaître sous un jour nouveau. Avec cette réflexion sur les espaces en transition, j’ai arpenté les habitations abandonnées ainsi que les villes en mutation. Mon regard était alors tourné sur ce que les changement liés à l’action du temps révélaient de l’avant et quelle mémoire ces lieux en conservaient. La présence humaine, ou plutôt la trace laissée par cette dernière, était l’un des axes autour duquel s’articulait ma pensée. Je voulais parler de l’humain sans jamais matérialiser son existence. Il n’était que suggéré, tantôt fantomatique, tantôt disparu.

Ces derniers mois vinrent tout changer et furent un enchaînement douloureux de bouleversements, dont les tumultes entraînèrent questionnements donc prises de décisions radicales et affirmées. De blessures en deuils et après avoir sombré dans un brouillard de confusion, j’ai réalisé qu’il est plus que jamais essentiel pour les artistes de se reconnecter aux émotions et les partager, les faire vivre et les voir voyager. «Essentiel» n’est pas le mot juste, ce serait plutôt «vital». Célébrer la vie quand notre quotidien nous enveloppe de peur et d’envie de repli. C’est un nouveau départ qui s’amorce, accompagné par une volonté de résistance active et créative. Ce cheminement permettrait l’ouverture d’une brèche vers la libération des maux et des émotions trop à l’étroit pour des mots.

En écho à ces pensées, j’ai entamé la réalisation de nouvelles pièces alliant le moulage, la céramique fine, fragile et pourtant pérenne, au végétal, à l’émotionnel et à l’exaltation d’être là, libre et inlassablement stimulée. La figure humaine qui était jusqu’à présent absente dans mon travail, apparaît. Outil direct du contact et de l’action physique, le corps est fragmenté et seules certaines parties seront conservées dans mes futures sculptures : les mains, les bras, les os et les jambes. Ces membres sans attaches deviennent des espaces de vie : les bras musclés et travailleurs protègent les jeunes végétaux, les jambes galbées sont contraintes dans leur course, l’argile rouge devient organique, anthropomorphique et termine son évolution en devenant osseuse. La rencontre délicate de l’animé et du figé devient omniprésente, reflet complexe et ambivalent de l’état d’esprit qui nous habite dans le climat politique actuel.

Julie Guillaume
Décembre 2016